Démarchage téléphonique : les préfixes à bloquer pour éviter les appels indésirables en 2026

À l’approche de l’interdiction quasi générale du démarchage téléphonique en août 2026, certains indicatifs permettent déjà d’identifier les appels commerciaux. Réglementation, liste des préfixes concernés et solutions pour réduire drastiquement les nuisances.

Des appels plus faciles à identifier

Le démarchage téléphonique vit ses derniers mois sous sa forme actuelle. À compter du 11 août 2026, les appels commerciaux non sollicités seront presque totalement interdits en France. En attendant cette échéance, il est déjà possible de reconnaître une grande partie des appels indésirables grâce à un simple détail : les premiers chiffres du numéro qui vous appelle.

Depuis plusieurs années, le régulateur des télécoms a mis en place un système de numérotation spécifique pour les centres d’appels professionnels. Résultat : certains préfixes sont désormais fortement associés au démarchage commercial.


Pourquoi ces indicatifs sont révélateurs

Depuis le 1er janvier 2023, l’Arcep réserve des blocs de numéros précis aux plateformes d’appels. Ces numéros ne peuvent plus être utilisés par des particuliers, notamment sur les lignes mobiles classiques commençant par 06 ou 07.

Lorsqu’un appel provient de l’un de ces blocs, il s’agit presque toujours d’un centre d’appels, souvent externalisé, travaillant pour de grands groupes. Leur objectif est rarement mystérieux : vendre des contrats d’énergie, des assurances, ou proposer des travaux.

Les préfixes à surveiller en priorité

En 2026, les indicatifs suivants sont les plus fréquemment liés au démarchage téléphonique :

  • 01 62
  • 01 63
  • 02 70
  • 02 71
  • 03 77
  • 03 78
  • 04 24
  • 04 25
  • 05 68
  • 05 69
  • 09 48
  • 09 49

Voir l’un de ces numéros s’afficher n’indique pas forcément une escroquerie, mais il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’un appel commercial non désiré.


Ce que dit réellement la loi

Le démarchage téléphonique n’est pas un vide juridique. Il est encadré depuis plusieurs années par une série de textes destinés à limiter les abus.

La loi Naegelen, adoptée en 2020, puis le décret du 1er mars 2023, ont posé des règles strictes :

  • appels autorisés uniquement du lundi au vendredi
  • plages horaires limitées de 10h à 13h et de 14h à 20h
  • maximum de quatre tentatives par mois et par professionnel
  • obligation de cesser les appels pendant 60 jours après un refus explicite

Ces règles s’appliquent même lorsque l’appel n’est pas frauduleux.


Un durcissement progressif jusqu’en 2026

Le cadre légal s’est encore renforcé récemment. La loi du 30 juin 2025 a marqué une étape importante, notamment avec l’interdiction du démarchage pour la rénovation énergétique et l’adaptation du logement dès juillet 2025.

Mais le changement majeur arrive en août 2026 : les appels commerciaux sans consentement préalable seront interdits, sauf dans le cadre d’un contrat déjà existant entre l’entreprise et le consommateur.

Parallèlement, l’Arcep impose depuis le 1er janvier 2026 une authentification obligatoire des numéros. Cette mesure vise à empêcher l’usurpation et à rendre les appels plus traçables. Elle s’accompagne d’une règle claire : les numéros en 06 et 07 ne peuvent plus être utilisés pour du démarchage.


Comment réduire efficacement les appels indésirables

Même avant l’interdiction totale, il existe plusieurs moyens de limiter fortement les nuisances.

Bloctel, un filtre officiel

La solution la plus connue reste Bloctel. L’inscription est gratuite et permet de bloquer la majorité des appels commerciaux légaux sous une quinzaine de jours. L’inscription doit être renouvelée chaque année, mais son efficacité est réelle sur le démarchage classique.

Le blocage par préfixe

De nombreux opérateurs proposent désormais des options permettant de bloquer automatiquement les appels provenant de certains indicatifs. C’est une méthode simple et peu coûteuse pour se prémunir contre les plateformes d’appels répétitives.

Les bons réflexes face à un appel douteux

Lorsqu’un numéro inconnu insiste, mieux vaut ne pas engager la conversation. Laisser sonner ou raccrocher immédiatement réduit les risques, notamment dans un contexte de fuites massives de données personnelles qui favorisent le phishing vocal.


Signaler les abus reste essentiel

Même avec un cadre légal renforcé, le signalement joue un rôle clé. Plusieurs dispositifs existent :

  • le 33700 pour signaler un appel ou un SMS suspect
  • SignalConso pour les pratiques commerciales abusives
  • J’alerte l’Arcep pour les problèmes liés aux numéros et opérateurs

Ces remontées permettent d’identifier plus rapidement les acteurs qui contournent les règles.


À quoi s’attendre après 2026 ?

L’interdiction quasi totale du démarchage téléphonique marque un tournant. Les entreprises vont progressivement se tourner vers d’autres canaux : emails, publicité ciblée ou collecte de consentement explicite. Ces méthodes ne sont pas toujours moins intrusives, mais elles sont plus encadrées.

Pour les particuliers, 2026 ne fera pas disparaître tous les abus, mais elle simplifiera la lecture de la situation : un appel non sollicité aura de fortes chances d’être illégal. D’ici là, la liste des indicatifs publiée par l’Arcep reste un outil précieux pour anticiper et filtrer.

La tendance est claire : depuis 2023, le nombre de plaintes liées au démarchage a fortement diminué après une explosion post-crise sanitaire. Adopter une stratégie de non-réponse systématique reste, pour l’instant, la meilleure défense.


Source : https://www.arcep.fr/